En quoi l'achat de ma liseuse influe-t-elle sur mon écriture ? La réponse est simple : comme j'ai téléchargé un grand nombre d'œuvres libres de droits, me voici à me plonger de nouveau dans mes anciennes amours. En résumé : la littérature du XIXe siècle et du début du XXe siècle. J'ai grandi, comme les gens de ma vénérable génération, avec le
Club des Cinq, les
Alice, les
Langelot et plus tard les
Bob Morane, avant de me lancer à corps perdu dans la littérature de l'imaginaire.
Mais je ne peux mettre de côté toutes ces heures passées en compagnie d'Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Paul Féval, Gaston Leroux, Jules Verne... Par pur plaisir, sans y être obligée par un professeur zélé. Je reste une adepte du texte intégral et, pour les auteurs anglophones, "in the text". Non par snobisme, mais par goût (et après des années de pratique laborieuse). J'ai aussi été élevée avec une télé dont la plupart des programmes affichaient aisément entre 20 à 30 ans d'âge au compteur, sans que cela ne vienne heurter le plaisir. Alors, lire des auteurs vieux de plus d'un siècle était tout aussi naturel.
Je me suis lancée à corps perdu dans la lecture assidue d'un roman d'aventure de Rafael Sabatini,
The Sea Hawk (1915), et après un long hiatus dans la littérature dite "classique", je suis surprise d'y trouver tant de plaisir, comme si je découvrais quelque chose de neuf. Après avoir séché des semaines sur mon chapitre 3, le voici qui reprend soudain vie, et je pense que le romanesque débridé et les descriptions plus vraies que nature de cette forme de littérature y est pour quelque chose... Soyons romanesques, excessifs, comploteurs (oserais-je dire, soyons "feuilletonistes" ?)
Je ne cacherai pas qu'il y a plus que certainement, dans le Premier Cercle, un hommage à ces auteurs du passé, sous une forme différente, mais qui plonge ses racines au plus profond de cet héritage. Bien sûr, je ne pense pas être hermétique à la modernité, elle influe beaucoup sur mon appréhension de l'écriture, mais c'est, en cette heure et lieu, il me fallait des grands anciens pour ranimer mon inspiration.